La Guinée face à une réclamation de 28,9 milliards de dollars du groupe Axis International
Axis International a engagé des poursuites juridiques et une procédure d’arbitrage international contre l’État guinéen, après la révocation en mai du permis d’exploitation de sa filiale Axis Minerals. Le groupe réclame une indemnisation estimée à 28,9 milliards de dollars, invoquant les investissements réalisés et le préjudice subi.
Un contexte de restructuration du secteur minier
Depuis plusieurs mois, plusieurs pays miniers d’Afrique de l’Ouest, dont la Guinée, le Mali et le Niger, ont entrepris une restructuration de leur secteur extractif. Ces réformes se traduisent notamment par le retrait de permis d’exploitation à certaines entreprises et la révision de conventions minières existantes.
Ces décisions ont entraîné une multiplication des contentieux entre États et investisseurs étrangers.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le litige opposant l’État guinéen au groupe Axis International, basé aux Émirats arabes unis. Le différend porte sur un important gisement de bauxite situé à Boffa, exploité par Axis Minerals depuis plus de dix ans.
Une révocation contestée par le groupe
Selon Axis International, sa filiale Axis Minerals a produit 18 millions de tonnes de bauxite en 2024, un volume qui la placerait au deuxième rang des producteurs sur le territoire guinéen. Le groupe conteste ainsi la décision des autorités, qui auraient justifié la révocation du permis « par le caractère non opérationnel et sous-exploité du site » .
Les avocats d’Axis International estiment que ces arguments « ne correspondent pas à la réalité », affirmant que la mine fonctionnait à pleine capacité et générait des milliers d’emplois directs et indirects. Dans un communiqué, le directeur du groupe a déclaré que le « projet s’est transformé en une mine pleinement opérationnelle, contribuant de manière significative à l’économie guinéenne ».
Un recours devant le CIRDI
Dirigé par l’homme d’affaires indien Panjak Oswal, Axis International a saisi le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI), une institution affiliée à la Banque mondiale. Le groupe fonde sa demande sur le traité bilatéral de protection des investissements entre la Guinée et les Émirats arabes unis.
Selon Axis International, la procédure engagée représenterait la deuxième plus importante demande d’arbitrage jamais déposée auprès du CIRDI. Le groupe avertit que “ l’absence de compensation ou un refus de participation de la Guinée pourrait, affecter le soutien des bailleurs de fonds multilatéraux et l’accès du pays aux marchés financiers ” .
Le gouvernement guinéen n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.



